Le marché de l’occasion s’oriente vers une baisse annoncée

Oubliez les cycles euphoriques : le marché de l’occasion s’apprête à changer de cap, bousculé par une conjonction de facteurs qui ne laissent rien au hasard. D’un côté, l’inflation grignote méthodiquement le budget des ménages, forçant chacun à repousser ses achats de confort. De l’autre, la fluidité retrouvée des chaînes logistiques remet sur le devant de la scène des produits neufs à des tarifs qui n’ont plus rien d’intimidant. Résultat : les regards se détournent, petit à petit, du secteur de la seconde main.

Un autre courant s’installe : la montée en puissance des plateformes de location et de partage. Ces nouveaux modèles séduisent par leur souplesse et leur coût maîtrisé, offrant aux consommateurs des alternatives qui bousculent les habitudes d’achat. Pour rester dans la partie, les professionnels de l’occasion n’ont plus d’autre choix que d’inventer de nouvelles approches, quitte à bouleverser leurs repères.

Un fléchissement des transactions

Les données récentes dressent un constat sans appel : le marché de l’occasion en France commence à montrer des signes de ralentissement. Selon Autobiz, dirigé par Emmanuel Labi et cité dans Le Journal de l’Automobile, les stocks de véhicules d’occasion chez les professionnels s’amenuisent. Cette contraction ne devrait pas s’arrêter là. Les projections tablent sur un volume global compris entre 4,7 et 5,1 millions de véhicules d’occasion échangés d’ici 2025.

Statistiques et tendances actuelles

Pour mieux saisir les dynamiques en cours, quelques chiffres clés s’imposent :

  • En 2024, le marché français de la voiture d’occasion progresse de 3 % sur les immatriculations par rapport à l’année précédente.
  • Les voitures de plus de huit ans pèsent désormais plus de la moitié des immatriculations cette année.

Le paradoxe est frappant : alors que le neuf peine à retrouver ses niveaux d’avant-crise, la demande pour les véhicules d’occasion, surtout les plus âgés, continue de croître. Cette évolution détonne dans un contexte économique toujours tendu.

Conséquences pour les professionnels

Face à ce tableau, les acteurs du secteur sont contraints de revoir leur copie. Concessions et plateformes ajustent leurs stocks, revoient leur politique tarifaire, cherchent à maintenir leur attractivité. La tension entre offre et demande laisse entrevoir une possible remontée des prix, une anticipation partagée par Autobiz.

Les professionnels du marché de l’occasion doivent également garder un œil vigilant sur l’évolution des réglementations et sur les préférences des acheteurs, notamment la percée des véhicules électriques et les nouvelles exigences environnementales. Les lignes bougent, et il devient urgent de s’y adapter pour ne pas perdre la main.

Les facteurs influençant la baisse des prix

Le marché français de l’occasion obéit à des logiques parfois contradictoires. Autobiz prévoit une hausse des prix sur certains segments, alimentée par le déséquilibre entre l’offre et la demande. Mais ce mouvement est loin d’être uniforme, plusieurs éléments viennent le tempérer.

Évolution des préférences des acheteurs

Les tendances observées sur le terrain en disent long sur la réalité du marché :

  • Les véhicules âgés de plus de huit ans connaissent un véritable regain d’intérêt, en particulier sur Le Bon Coin.
  • En 2024, les modèles les plus sollicités restent la Renault Clio, la Volkswagen Golf et la BMW Série 3.

Cette prédilection pour l’ancien, combinée à une offre restreinte, exerce une pression qui pourrait inverser la courbe des prix, malgré quelques hausses ponctuelles sur certains modèles.

Impact des réglementations et tendances économiques

Le marché n’échappe pas aux impératifs réglementaires. Les normes environnementales, de plus en plus strictes, redéfinissent la valeur des véhicules thermiques les plus anciens. Si ces derniers restent accessibles, leur attractivité pourrait s’éroder face au renforcement des critères d’émission et à l’essor des modèles électriques.

Transition vers les véhicules électriques

La transition énergétique accélère le mouvement. D’après Autobiz, une voiture électrique d’occasion coûte en moyenne 22 % de plus qu’un équivalent thermique, et met 32 % de temps supplémentaire à trouver preneur. Ce délai de vente plus long pèse sur la dynamique des prix et accentue la concurrence entre segments. Sur le terrain, certains vendeurs s’impatientent, tandis que les acheteurs hésitent encore à franchir le pas de l’électrique, freinés par la question du prix et de l’usage au quotidien.

marché d occasion

Les perspectives pour les véhicules électriques

La montée des véhicules électriques d’occasion s’annonce comme un tournant pour le secteur. Selon Autobiz, l’inflation ne devrait pas peser sur leur prix, pourtant l’écart demeure : acheter une BEV d’occasion coûte toujours 22 % plus cher qu’un modèle thermique. Cette différence tarifaire freine de nombreux acheteurs, ralentissant ainsi la démocratisation des électriques sur le marché secondaire.

Temps de vente allongé

Un chiffre marque les esprits : une BEV d’occasion met 32 % de temps en plus à trouver un nouveau propriétaire par rapport à une thermique. Cette attente prolonge le cycle de vente et témoigne d’une prudence persistante des consommateurs, même face aux incitations et au discours environnemental dominant.

Évolution des stocks et des ventes

Les tendances à venir font état de mouvements notables :

  • Autobiz table sur un marché global ramené entre 4,7 et 5,1 millions de véhicules d’occasion en 2025.
  • En 2024, les véhicules de plus de huit ans dominent largement les immatriculations.

La préférence pour les véhicules anciens, moins chers à l’achat, risque de ralentir la transition vers les électriques, d’autant que l’investissement initial reste un frein pour beaucoup. Dans ce contexte, les professionnels devront redoubler d’efforts pour convaincre, ajuster leurs prix et repenser leurs arguments de vente.

À mesure que les contraintes environnementales se renforcent et que la conscience écologique s’ancre dans les mentalités, le marché de l’occasion pourrait bien se retrouver à la croisée des chemins. Entre prudence des acheteurs et nécessité d’accélérer la transition énergétique, l’équilibre reste fragile. La suite s’écrira au rythme de ces tensions, sur un terrain où chaque décision compte.