La forme « vous en ferez » trouble souvent parce qu’elle ne ressemble pas à « vous faites ». Le présent de l’indicatif du verbe faire est irrégulier, alors que le futur simple applique des terminaisons parfaitement régulières. Comprendre pourquoi « vous en ferez » prend -ez, c’est remonter au mécanisme de formation du futur simple et à l’origine latine de ses désinences.
Origine des terminaisons du futur simple : le verbe avoir comme matrice
Les terminaisons du futur simple en français ne sont pas arbitraires. Elles proviennent directement des formes du présent du verbe avoir : j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont. Plusieurs grammaires modernes confirment cette filiation historique.
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Le tableau ci-dessous met en parallèle les deux séries pour rendre la correspondance visible.
| Personne | Présent de « avoir » | Terminaison du futur simple |
|---|---|---|
| 1re pers. sing. | ai | -ai |
| 2e pers. sing. | as | -as |
| 3e pers. sing. | a | -a |
| 1re pers. plur. | avons | -ons |
| 2e pers. plur. | avez | -ez |
| 3e pers. plur. | ont | -ont |
La terminaison -ez à la 2e personne du pluriel du futur simple est donc le vestige direct de « vous avez ». Ce lien explique pourquoi cette désinence reste stable quel que soit le verbe conjugué : aimer, finir, faire, satisfaire, partir. Aucun verbe français ne déroge à cette règle au futur simple.
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Le verbe faire : radical irrégulier, terminaisons régulières
Le verbe faire est souvent perçu comme « difficile » parce qu’il est irrégulier au présent de l’indicatif. « Vous faites » ne suit pas le modèle attendu (on n’écrit pas « vous faisez »). Cette irrégularité du présent crée une confusion quand on passe au futur simple.
Au futur, l’irrégularité de faire porte sur le radical, pas sur la terminaison. Le radical passe de « fais- » ou « fait- » à « fer- ». Les terminaisons, elles, restent parfaitement standard :
- Je ferai, tu feras, il fera (radical fer- + -ai, -as, -a)
- Nous ferons, vous ferez, ils feront (radical fer- + -ons, -ez, -ont)
- Le même schéma s’applique aux dérivés : défaire (vous déferez), refaire (vous referez), satisfaire (vous satisferez)
« Vous en ferez » s’analyse donc comme fer- (radical irrégulier) + -ez (terminaison régulière du futur). La lettre caractéristique du futur est le « r » qui précède immédiatement la terminaison. On le retrouve à toutes les personnes, dans tous les verbes, réguliers ou non.
Futur simple et conditionnel présent : distinguer -ez et -iez
Une source fréquente d’erreur est la proximité entre le futur simple et le conditionnel présent. Les deux temps partagent le même radical. La différence tient uniquement aux terminaisons.
| Temps | 2e pers. plur. | Exemple avec « faire » |
|---|---|---|
| Futur simple | -ez | vous ferez |
| Conditionnel présent | -iez | vous feriez |
Au futur simple, on écrit -ez ; au conditionnel, on écrit -iez. Pour les verbes du premier groupe, la nuance est aussi audible : « vous aimerez » (futur) se prononce différemment de « vous aimeriez » (conditionnel). Pour faire, la distinction orale est nette : « ferez » contre « feriez ».
Un test simple permet de trancher. Si la phrase exprime une action certaine ou présentée comme telle dans l’avenir, c’est le futur simple. Si elle exprime une condition, une hypothèse ou une politesse, c’est le conditionnel.
- « Demain, vous en ferez une copie. » – action future, futur simple, terminaison -ez
- « Si vous aviez le temps, vous en feriez une copie. » – hypothèse, conditionnel, terminaison -iez
- « Vous feriez mieux de vérifier. » – conseil atténué, conditionnel, terminaison -iez
Conjugaison du futur simple : la règle de formation qui élimine le doute
Le futur simple se construit sur une base prévisible : infinitif du verbe + terminaisons issues du verbe avoir. Pour les verbes du premier et du deuxième groupe, cette base est l’infinitif complet.
Pour les verbes du troisième groupe, le radical peut changer (fer- au lieu de fair-, verr- au lieu de voir-), mais la mécanique reste identique. La terminaison de la 2e personne du pluriel est toujours -ez, sans exception.
Concrètement, pour vérifier qu’une forme au futur simple est correcte, il suffit de contrôler deux points : le radical contient-il un « r » juste avant la terminaison ? La terminaison correspond-elle bien à la personne visée ? Si les deux conditions sont remplies, la forme est juste.

Pourquoi « vous faites » et « vous ferez » ne se ressemblent pas
Le présent « vous faites » est un héritage direct du latin facitis, qui a évolué de manière spécifique en français. Cette forme est restée figée, au point que le verbe faire est l’un des rares où la 2e personne du pluriel du présent ne se termine pas par le suffixe habituel -ez (comme « vous chantez », « vous finissez »).
Au futur simple, cette particularité disparait. Le futur simple neutralise les irrégularités des terminaisons du présent. Tous les verbes, y compris faire, dire ou être, adoptent la série -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont. La régularité des désinences du futur est l’un de ses traits les plus fiables en conjugaison française.
Écrire « vous en ferez » avec -ez n’est donc pas une exception à retenir, mais l’application directe d’une règle qui ne souffre aucune variation. La seule difficulté réelle du verbe faire au futur réside dans son radical fer-, que l’usage finit par ancrer. La terminaison -ez, elle, ne change jamais au futur simple, quel que soit le verbe.

